Oldelaf: retour sur son histoire avec en bonus son dernier titre: c'est Michel

Publié le par chauve-stephane

Oldelaf: retour sur son histoire avec en bonus son dernier titre: c'est Michel

Ce soir, les humeurs vous emmènent découvrir ou redécouvrir l'univers décalé d'Oldelaf. 

Cet artiste (que l'on a pu croiser à la télé et à la radio) nous revient avec son dernier album: l'Aventure (sortie prévue le 28/02). 

Oldelaf est un phénomène scénique suivi par un public assidu qui n'hésite pas à faire de nombreux kilomètres pour l'écouter. Ses concerts sont donc souvent complets. 

Mais qui est Oldelaf? 

J'ai eu la chance de lui poser mes questions à plusieurs reprises. Voici un début de réponse... 

Avec en bonus son dernier titre: C'est Michel.

Alors... Bonne écoute et bonne lecture!

Oldelaf, ça vient de ton nom Olivier Delafosse, alors comment as-tu trouvé ce pseudo ?

Je n’ai jamais été fort en nom de groupe, j’ai toujours eu des noms moisis. Mais quand on a créé Oldelaf et Monsieur D je voulais que ce soit l’histoire de deux personnes. Après, je voulais un nom tranquille et qu’il n’y en ait pas dix. Mais le handicap que j’ai rencontré c’est de faire comprendre qu’Oldelaf ne signifiait rien. En plus, Oldelaf ça n’a pas de consonnance française. Ca fait Suédois ou Anglais. Alors après pourquoi m’appeler comme ça… parce que quelqu’un m’appelait comme ça… et cette personne comptait pour moi, voilà.

 

Et j’ai vu que tu avais failli abandonner ce nom quand vous avez arrêté Oldelaf et Monsieur D…

Oui, c’est marrant car ça on ne me l’a jamais demandé. C’était la prod qui voulait marquer une césure. Moi, ça m’intéressait de garder le personnage d’Oldelaf car je perdais déjà mon groupe et mes références si en plus je perdais mon personnage, j’avais peur de me retrouver vraiment tout nu. Et puis, du coup, j’ai gardé tout le public qui me suivait avant. Et j’en suis très heureux car ça comptait beaucoup pour moi. Surtout qu’au début, certains pensaient que je voulais arrêter la musique. Moi, je voulais juste tourner une page et aller vers autre chose. Mais le paradoxe, c’est que changer de nom aurait été une aubaine auprès des pros car l’étiquette Oldelaf a toujours eu une connotation. Et les pros et l’humour, c’est toujours compliqué. Certains ne comprennent pas que l’on puisse mélanger la chanson et l’humour, quelque soit le type d’humour. Pour eux c’est faire du Patrick Sébastien. Chose contre laquelle je me bats, et c’est toute l’histoire de ma vie. En changeant de nom, j’aurais eu un destin complètement différent car j’aurais fait accepter plus facilement certaines chansons mais j’aurais perdu tout le public. Et comme le public compte plus pour moi que les pros… On avait quand même fait un beau parcours avec Oldelaf et Monsieur D.

 

Tu me parlais des pros tout à l’heure. Ca pose vraiment des problèmes de faire de la chanson française en y mêlant de l’humour ?

En fait, les gens veulent mettre les artistes dans des cases. Est-ce que tu fais de la chanson ou de l’humour ? Et à vrai dire, je m’en fous. J’ai fait mes armes dans la chanson, je me sens légitime. L’humour est venu comme ça, sur le terrain. J’aime bien dire des âneries et ça fonctionne en plus. J’ai besoin de ça pour me rassurer sur scène et pour dire des choses dans mes chansons. Dans le spectacle on a un mélange de plusieurs choses : comédie, chansons, lumière, théâtre avec une petite histoire en interne. Ca me va très bien. Mais ce mélange pour les radios est rédhibitoire. Pour la Tristitude on me disait que c’était génial mais qu’on ne pouvait pas la programmer car c’était humoristique…

 

Pour terminer sur ton nom, est-ce qu’on peut présenter Oldelaf comme un groupe ou une troupe avec ce mélange de comédie et de chansons que l’on peut voir sur scène ?

Il y a une osmose, oui. Oldelaf ça reste moi mais ça englobe aussi les musiciens qui sont importants pour moi. Maintenant, ils ont tous des noms de personnages. Les gens font certainement l’amalgame mais ça ne me gêne pas du tout parce qu’on a un fonctionnement qui ressemble à un fonctionnement de groupe même si ça reste mes chansons. C’est moi qui prends les décisions et qui traite la prod. Par contre musicalement, on fait les arrangements ensemble. Pour résumer, on peut dire que sur scène Oldelaf est un groupe mais sur les disques c’est moi.

Tu as commencé la musique jeune et tu as fait le conservatoire. Tu as déclaré que tu avais vraiment commencé la musique quand tu as arrêté le conservatoire,  c'est-à-dire ?

Ah oui, je défends haut et fort cette phrase. J’ai fait 5 ans de solfège et de piano au conservatoire. Et pendant ces 5 ans là, je n’ai pas fait de musique mais j’ai plutôt appris à lire des notes sans écouter vraiment ce que je faisais. Et le pire était le solfège. Je ne sais pas comment c’est enseigné maintenant, mais c’était très scolaire : « Apprenez des choses par cœur et vous verrez plus tard à quoi ça peut servir ». Alors qu’il y a des choses merveilleuses dans le solfège à comprendre très vite. J’ai été prof de musique moi aussi par la suite, et j’ai toujours essayé de faire comprendre que la musique c’est l’art de l’oreille. Il faut apprendre à éduquer l’oreille et entendre ce qu’on joue. Il vaut mieux sensibiliser les oreilles et après mettre des mots ou des noms. Tu vois en audition, j’étais nul et en dictée je ne comprenais pas ce qu’on me demandait de faire, alors que je n’étais pas un mauvais pianiste. Le jour où j’ai arrêté le conservatoire, je suis passé derrière mon piano et j’ai vu ce que ça faisait quand j’appuyais là ou là… J’ai arrêté le conservatoire vers 13 ans, et je ne savais jouer que trois morceaux sur partition dont je me souviens encore. Et vers décembre de mes 14 ans, je deviens pianiste de bar. J’ai joué, joué, joué, joué et surtout j’ai compris car j’entendais les choses. Jusqu’à 18 ans je jouais tout le temps du piano (2 heures tous les soirs) et de la guitare. Car c’est ce que je voulais faire à la base mais au conservatoire le jour de l’inscription le mec m’a dit que je ne ferais jamais de guitare car je me rongeais les ongles. Autre exemple…

 

Ce n’est pas une belle image…

Non, mais je n’ai pas une bonne image du conservatoire. Par la suite, je suis revenu voir mon ancienne prof de piano entre deux cours pour lui dire que je n’avais jamais arrêté de jouer, que je étais vraiment passionné. Elle m’a répondu « c’est trop tard, vous avez arrêtez un an ». Enfin voilà le résumé du conservatoire. Mais, j’ai été comblé à la fac de musique. Les profs n’étaient pas cloisonnés, c’étaient des êtres humains, vraiment qui enseignaient la musicologie au travers d’œuvres classiques et tu pouvais parler avec eux de musiques de dessins animés ou de musiques de films…Et là, j’ai pu mettre des noms sur ce que j’avais appris de mon côté. Et ça a été un enrichissement incroyable.

 

Et après tu es devenu prof. Pourquoi as-tu voulu enseigner la musique, surtout après ton expérience du conservatoire ?

Je voulais transmettre. J’ai commencé par être prof particulier de piano et de guitare à partir de 17 balais. Je voulais faire comprendre aux gens que sur le papier il y a le moyen de transmettre la musique. Pensez à écouter tout ce que vous faites. Il y a une phrase qu’on m’a donnée à la fac, ça résume beaucoup de choses je trouve : « le mauvais musicien n’entend pas ce qu’il joue, le musicien entend ce qu’il joue et le bon musicien entend ce qu’il va jouer ». Ca résume tout. Et du coup, par dérivation, tu prends des œuvres qui existent et puis tu les emmènes où tu as envie. C’est une puissance incroyable ! C’est comme la page blanche. En écriture, il n’y a rien de plus excitant. Tu sais que tu as un stylo et une feuille blanche et tu as moyen d’écrire le plus beau des poèmes qui n’a jamais été écrit. Tu as assez de mots pour le faire. Maintenant, il faut juste trouver dans quel sens les mettre, quels mots choisir, comment utiliser la conjugaison, la ponctuation, la respiration pour faire un poème voire carrément un livre.

Alors toi justement comment fais-tu pour construire tes chansons ? Tu pars du texte ?

Non, je ne m’engage pas dans un texte tant que je n’ai pas la musique. Par contre, ça m’arrive assez souvent d’avoir la musique mais de ne pas avoir trouvé encore la solution pour le texte. Mais ce n’est pas bon signe, si j’ai une musique que j’aime beaucoup mais qui reste sans texte pendant longtemps. Je devrais apprendre à oser laisser mes musiques à d’autres auteurs. Je ne l’ai jamais fait car finalement ce qui m’a rendu célèbre ce sont plutôt mes textes. Mais ce qui me rassure, c’est que même les très grands de la chanson française rencontrent le même problème. Francis Cabrel me disait que sur le soldat rose il est allé très vite parce qu’il n’avait pas les paroles à faire. Mais c’est plus difficile pour un album, car à partir du moment où tu réfléchis à ce que t’écris et que tu veux de la qualité, cela prend du temps.

 

C’est donc plus facile pour toi de faire la musique que de faire le texte.

Ah oui, toujours.

 

Alors écrire un texte humoristique, c’est encore plus difficile…

J’ai vraiment eu à le faire à l’époque de Oldelaf et Monsieur D et pour Europe1 ; Maintenant, dans Oldelaf, j’ai une grande liberté. Si j’ai une chanson drôle tant mieux si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave. J’ai plus cette pression là. J’ai aussi le droit d’avoir une chanson drôle que sur la chute comme dans La belle histoire. Ce qui n’était pas le cas sur Europe1 où là il fallait faire rire sur la durée. Et là, il faut que tu réfléchisses presque plus sur la forme que sur le fond. Donc j’ai des chansons comme la peine de mort où les gens se marrent à chaque phrase et j’en ai d’autres comme Bérénice, que j’adore, car les gens ne savent pas où tu les emmènes. Le public peut se dire, si le gars chante ça sérieusement, il est grotesque. Et puis ça part en vrille total. Et ça ça me plait.

 

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